Harcèlement
Un cadre de la Ville de Nantes mis en examen pour viols et harcèlement sexuel
Déjà suspendu depuis décembre 2022 par la Ville de Nantes à l’issue d’une enquête interne, un cadre de la direction de la relation aux usagers vient d’être mis en examen pour viols, harcèlement sexuel et agressions sexuelles dans le cadre professionnel. Une agente administrative avait activé le dispositif de signalement des agissements sexistes et sexuels mis en place en mairie.
A l’issue des premières investigations des services de police, le cadre de la mairie de Nantes a été déféré et mis en examen par un juge d’instruction. |
Ouest-FranceKevin GRETHEN.Publié le 16/11/2023 à 16h27
L’enquête interne de la mairie de Nantes déclenchée en 2022 portait sur un possible harcèlement sexuel en cours au sein d’un service. L’enquête des services de police de Waldeck-Rousseau qui ont pris le relais semble avoir mis en lumière d’autres faits d’une gravité extrême. Selon les informations de Ouest France, un cadre de la Direction de la relation aux usagers a été mis en examen le 3 novembre. Le juge d’instruction du pôle criminel a retenu, à ce stade, les chefs de « viols par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions, agressions sexuelles par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions et harcèlement sexuel par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions », confirme le procureur de la République de Nantes, Renaud Gaudeul.
Des faveurs sexuelles à force de harcèlement
Une collaboratrice de ce service a brisé le silence en activant le dispositif de signalement des agissements sexistes et sexuels mis en place par l’équipe de Johanna Rolland. D’autres témoignages ont émergé. Des éléments considérés comme suffisamment étayés à l’époque pour saisir les services du parquet, avant même un premier dépôt de plainte. Et pour suspendre à titre conservatoire le fonctionnaire suspecté. En décembre 2022, la Ville expliquait dans nos colonnes « que cette mesure conservatoire doit permettre de mener à bien les investigations nécessaires pour approfondir ces témoignages. Le temps que les faits, ayant donné lieu à cette suspension, soient instruits, confirmés ou infirmés, ce cadre ne peut plus se présenter ni en mairie centrale ni dans les mairies de quartier. »
Le signalement au procureur a prospéré. La principale victime a expliqué un fonctionnement de pression constante pour obtenir ce que le supérieur hiérarchique espérait. Plusieurs fois, elle aurait lâché prise face à ce harcèlement et accédé à ses demandes sexuelles. Lorsqu’elle s’y opposait, elle raconte avoir subi des caresses par-dessus les vêtements. Ce n’est peut-être pas une coïncidence si le contrat de la jeune femme n’a pas été renouvelé lorsqu’elle a mis fin à cette mprise dans laquelle son supérieur l’enfermait. Une autre agente administrative, qui a choisi de ne pas porter plainte, a décrit un harcèlement identique.
Placé sous contrôle judiciaire
Entendu une première fois sous le régime de la garde à vue en juin, confronté à la victime, le suspect a toujours nié les faits reprochés. Mis en examen, ce quadragénaire a été placé « sous contrôle judiciaire, selon le procureur de la République.