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plaidoyer pour une femme-fleur

29 Mars 2015

PLAIDOYER POUR UNE FEMME-FLEUR

En ce début de printemps, osons une métaphore.
Voici l’histoire d’un jardinier perfide qui décide de détruire une plante en l'arrosant avec une eau additionnée d’un pesticide. La plante est belle, épanouie et chargée de fleurs. Avec son innocence végétale, elle tend ses pétales à l’eau, déploie ses feuilles et tend sa tige. Ah ! qu’il est bon de se savoir aimée. L’eau chante la chanson de l’amour. Parfois, il se glisse dans la mélodie des sons discordants mais la femme-fleur les ignore.
Au bout de quelques arrosages cependant, elle constate une désagréable transformation. Au lieu de grandir, la voilà qui se ratatine. Ses pétales fanent et sa tige ploie au point qu’elle ne peut se laisser caresser par le soleil.

La femme-fleur se met à douter mais se tait. Elle regarde autour d’elle verdoyer l’herbe et pousser le blé. Dans le secret de sa solitude, elle leur envie l’onde fraiche et commence à comprendre que son eau à elle est frelatée. Polluée de mots-poison et de phrases-cutter qui au fil du temps s’incrustent dans la chair de plus en plus profondément.

Des mots et des phrases qui strient de rouge la confiance en soi, s’enfoncent dans l'estime que l'on se porte avant de frapper l'amour que l'on se doit à soi-même.
Les violences psychologiques flétrissent la femme-fleur de leur eau sale et altèrent ses racines. Il est alors facile pour le jardinier malveillant de l’arracher à la vie d'un geste désinvolte pour la garder prisonnière entre les pages d'un roman noir ou la lancer dans le brasier du désespoir.

Nous devons, nous les femmes chanceuses qui ne connaissons pas l’enfer des violences conjugales, vous les hommes bienveillants, rester vigilants. Nous devons nous interdire de juger. La femme sous emprise ne peut être comprise, elle doit être accompagnée. Pour saisir la main qui se tend quand elle sera prête. Pour apprendre à dire non aux insultes qui portent autant de coups que les poings. Pour réapprendre à vivre, tout simplement.

Et pour ne pas rester en hiver mais savourer le printemps.

Catherine ARMESSEN

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