joyeux Noël les enfants
En cette veille de Noël, comment ne pas penser aux enfants victimes d’un parent manipulateur, écartelés entre celui qui tente de donner des repères et l’autre dont l’obsession est de détruire, allant jusqu’à instrumentaliser le petit être qui lui fait confiance, à le transformer en arme destinée à blesser celle( ou celui) qui a osé résister en brisant l’emprise ?
Moi, Léo, 5 ans, je trouve que mon papa est un héros, je l’admire. Quand je serai grand, je voudrais être comme lui : invincible. Papa veut que je vienne vivre chez lui, il dit qu’on s’amusera bien, qu’on mangera des frites devant la télé et qu’on achètera plein de jouets. J’aime aussi ma maman, même si papa dit qu’elle est méchante. Je voudrais qu’ils arrêtent de se disputer.
Moi, Julie, ma mère, elle rendait vener à tout le temps aboyer des ordres. Ça me prenait la tête grave. Alors, je suis allée vivre chez mon père. Papa a raison : c’est une garce. D’ailleurs, elle lui a brisé le cœur en se tirant. Parfois j’ai peur qu’il se suicide à cause d’elle. Je la hais. Je ne veux plus la voir….Elle me manque terriblement mais plutôt crever que de lui dire.
Oui, en cette période de Noël, j’ai une requête pour le vieux monsieur dont la barbe blanche et innocente ne piège que les miettes de la bûche du dessert.
Cher père Noël,
Pourrais-tu accrocher dans le sapin de tous ces enfants injustement tyrannisés par la perversion quelques boules magiques ? Ils pourraient s’y voir en train de patiner sur de paisibles lacs gelés, de rire avec leurs parents, de rêver au chocolat chaud qu’ils prendront en famille après l’exercice. Il n’y aurait pour une fois aucun poison versé dans le liquide onctueux, aucune parole fielleuse capable de rompre le charme du moment magique. Une boule comme celle-là serait la plus jolie boite à musique, capable de restituer la mélodie des rires insouciants qui permettent aux enfants de se construire ailleurs que dans la peur.
Merci Père Noël de prendre le temps de lire la lettre d’une grande personne, toi qui es tellement occupé avec les missives de ceux qui croient en ta puissance pour ce qu’elle est : celle du rêve et de la paix.
Catherine ARMESSEN,
médecin parce qu’aimant bien les gens,
écrivain parce que croyant en la puissance des mots.